Nutrition News for Africa
30 Septembre 2006
Une étude intitulée « L'impact positif
de l’huile de palme rouge ajouté aux repas à
l'école sur le statut vitaminique A : l'étude
au Burkina Faso » (“The positive impact of red
palm oil in school meals on vitamin A status: study in Burkina
Faso”) a été publiée par Zeba et
al. dans le Nutrition Journal 2006, 5:1.
Introduction : La carence en vitamine A
(CVA) est un problème de santé publique qui
affecte approximativement 40% de la population mondiale. Une
étude dirigée en 1999 dans la partie du nord
central du Burkina Faso a révélé que
84,5% des enfants moins de cinq ans et 61,8% de leurs mères
sont carencés en vitamine A. Les autres pays du Sahel
sont également affectés. La diversification
alimentaire est une approche pour traiter ce problème,
qui peut être viable au long terme. L’huile de
palme rouge (HPR) est la plus haute source végétale
de caroténoïdes pro-vitaminique A et est bio-disponible
à cause de son milieu naturel gras et de l'absence
d'une matrice de plante. Une étude pilote au Burkina
Faso a révélé qu’il était
possible, par la commercialisation subventionnée, d'augmenter
la consommation d’HPR chez les femmes et les enfants
qui n’y étaient pas habitués. Suite à
l’étude pilote, un plus grand projet a été
initié avec une de ses composants se focalisant sur
l’ajout de l’HPR aux repas à l’école.
Méthodes : L'intervention a consisté
d’ajouter 15 ml d’HPR aux repas individuels, 3
fois par semaine, dans les écoles primaires choisies
dans le département de Kaya dans la partie du nord
central du Burkina Faso, et dans le district de Bogandé
dans la partie Est du pays. Le rétinol sérique
a été mesuré par HPLC au départ
et 12 mois plus tard pour tenir compte des changements saisonniers.
A Kaya, un simple pré- post-test a été
utilisé. Un total de 239 élèves âgés
de 84 à 144 mois ont été choisis aléatoirement
dans 15 écoles et des échantillons de rétinol
sérique ont été pris avant le début
de l'intervention en mars 2003 et après qu’elle
soit terminée en mars 2004. A Bogandé, toutes
les 24 écoles ayant un programme de déjeuner
actif ont été incluses dans un essai aléatoire
contrôlé. Huit ont servi de contrôles négatifs
(G1), recevant seulement le déjeuner habituellement
offert par l'école, 8 ont servi de contrôles
positifs (G2) où les enfants ont reçu aussi
une capsule de vitamine A à la fin de l’année
scolaire 2003-2004, et les dernières 8 écoles
ont reçu le déjeuner avec HPR de novembre 2003
à juin 2004. Le rétinol sérique a été
mesuré dans un échantillon aléatoire
de 128 élèves dans chaque groupe d'école
en novembre 2003 et à nouveau chez les mêmes
élèves une année plus tard.
Résultats : Chez les élèves
de Kaya, le taux de rétinol sérique bas a décliné
de 47,2% au début à 13,1% durant la deuxième
enquête (p<0,001). Aussi, 15% des élèves
avaient un taux de rétinol sérique très
bas au début mais aucun d’entre eux ne l’avait
une année plus tard. Avant l’intervention, il
n'y avait pas de différence entre les garçons
et les filles, mais une année plus tard le rétinol
sérique était significativement plus haut chez
les filles que chez les garçons. Les enfants ayant
un taux de rétinol sérique bas ont connu plus
d’amélioration. A Bogandé, le rétinol
sérique n'a pas changé dans le groupe de contrôle
négatif G1, mais il y avait une augmentation significative
dans le groupe de capsule de vitamine A, G2, et le groupe
HPR, G3. Comme c’était le cas à Kaya,
une plus haute augmentation de rétinol sérique
a été observée dans les sujets qui étaient
carencés avant l’intervention.
Discussion : Une des conclusions de cette
étude est que la CVA est un problème de santé
publique sérieux à Kaya et Bogandé pour
les enfants d’âge scolaire. Dans les 15 écoles
d’HPR à Kaya et les 8 écoles d’HPR
à Bogandé, le taux de rétinol sérique
bas a été ramené à 13% et 15%
respectivement, changeant le problème de santé
publique de sévère à modéré,
après une moyenne de 28 et 51 repas d’HPR à
Kaya et Bogandé respectivement durant une année
scolaire. Une intéressante conclusion était
que l’HPR et la capsule de vitamine unique avaient un
impact presque équivalent sur le rétinol sérique
chez les élèves de Bogandé. Dans les
deux sites d'étude, un taux relativement haut de rétinol
sérique bas est resté après l'intervention,
dans les groupes de capsule de vitamine A et d’HPR,
ce qui montre que le dosage utilisé soutient un statut
vitaminique A normal pour moins de 6 mois. Le taux résiduel
élevé pourrait être aussi dû aux
infections et autres carences nutritionnelles simultanées.
Conclusion : Les résultats de l’étude
sur les taux élevés de CVA chez les enfants
d'âge scolaire au Burkina Faso sont importants car ce
groupe d’âge n’est généralement
pas compris dans les groupes cibles des interventions de lutte
contre la CVA. L’étude a confirmé l'efficacité
d’HPR comme supplément alimentaire pour la vitamine
A chez les enfants d'écoles primaires. Les auteurs
soutiennent le développement de l’HPR et de sa
distribution à un niveau régional pour atteindre
d'autres pays.
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