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Résumé - Juillet 2008

 

Rapport de Consultation Technique de l'Organisation Mondiale de la Santé sur la prévention et le contrôle de la carence en fer chez les nourrissons et les jeunes enfants dans les zones d’endémie palustre (Lyon, France, 12-14 Juin 2006). Food and Nutrition Bulletin, volume 28, number 4, p. S489-S631, 2007. 

Introduction

L'Organisation Mondiale de la santé (OMS) a initié une consultation technique pour discuter des résultats de deux grands essais randomisés et contrôlés, à base communautaire, qui devaient évaluer l'impact de la supplémentation en fer ainsi que celle en acide folique sur la morbidité et la mortalité des jeunes enfants (1, 2). Un des essais a été mené à Zanzibar, où la transmission du paludisme est intense et survient toute l'année, tandis que l'autre a été réalisé au Népal où l'exposition au paludisme est faible. Les résultats ont confirmé l’efficacité de la supplémentation en fer pour réduire la carence en fer et l'anémie chez les enfants déficients en fer. Toutefois, à Zanzibar, la supplémentation de routine en fer/acide folique associée ou non au zinc a entraîné des conséquences graves (hospitalisation et mortalité) chez les enfants.

L'objectif de la consultation consistait à examiner les preuves scientifiques de l’innocuité et de l'efficacité des différents modes d'administration du fer pour le contrôle de la carence en fer et de l’anémie ferriprive. Par ailleurs, elle visait à donner des directives sur le mode le plus sûr, pratique et efficace pour administrer du fer afin de contrôler la carence en fer chez les nourrissons et les jeunes enfants dans les régions d’endémie palustre.

Conclusions de la consultation

La consultation a abouti à un consensus sur plusieurs questions importantes liées à la supplémentation en fer chez les enfants d’âge préscolaire vivant dans les régions d’endémie palustre. En particulier, les stratégies de lutte contre la carence en fer dans ces régions devraient être menées dans le cadre de mesures globales et efficaces de soins de santé, intégrant la fourniture de moustiquaires imprégnées d'insecticide, la lutte anti-vectorielle pour la prévention du paludisme, un diagnostic rapide ainsi qu’un traitement du paludisme et de ses complications à l’aide de thérapie antibiotique et antipaludéenne efficace. Les mesures visant à contrôler la carence en fer doivent également inclure la lutte contre d'autres maladies parasitaires et les infections fréquentes, le retard de la section du cordon ombilical lors de l’accouchement et la promotion de l'allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de vie, et la consommation d’aliments riches en nutriments et/ou d’aliments complémentaires enrichis.

La supplémentation universelle en fer (utilisation du fer sous forme de comprimés ou de sirops) ne devrait pas être mise en œuvre sans le diagnostic du statut en fer des individus, parce que ce mode d'administration de fer pourrait provoquer de graves effets indésirables chez les enfants carencés en fer.

L’innocuité du fer administré à domicile à travers les aliments complémentaires pour les enfants d’âge préscolaire à savoir les poudres, les comprimés à écraser et les pâtes à tartiner à base de matières grasses, n’est pas établie dans les régions à endémie palustre. Bien qu'il y ait de raisons de croire que ces préparations soient plus sûres que les suppléments de fer, elles ne peuvent toutefois pas être recommandées jusqu'à ce que cette hypothèse soit confirmée.

Une option consisterait à augmenter les apports en fer des enfants d’âge préscolaire à travers les aliments complémentaires enrichis en fer. Bien que l’innocuité de leur consommation n'ait pas été prouvée, l’approche permettrait d'éviter les effets secondaires potentiels d'une forte dose de fer administrée en une prise. Contrairement à la supplémentation, le fer serait consommé en petites quantités tout au long de la journée, d’où une absorption plus lente.

Comme la carence en acide folique n'est pas connue pour être un problème majeur chez les enfants d’âge préscolaire, et que la supplémentation en acide folique pourrait interférer avec l'efficacité des traitements antipaludéens à base d’anti-foliques, ils ne devraient pas recevoir une supplémentation en acide folique ou consommer des aliments enrichis en acide folique dans les régions où ces types de traitement antipaludéen sont utilisés.

Implications politiques et programmatique

La carence en fer et l'anémie ferriprive sont fréquentes chez les jeunes enfants, et l’administration de fer aux enfants d’âge préscolaire carencés en fer devrait constituer une priorité de santé publique. Toutefois, dans les régions où le paludisme est endémique, et éventuellement dans d'autres, des précautions sont nécessaires pour s’assurer que : 1) des suppléments de fer (y compris des produits enrichis à domicile) ne sont pas administrés aux enfants carencés en fer, ou 2) le fer est administré en petites doses quotidiennes fractionnées à travers les aliments complémentaires. Toute stratégie de supplémentation en fer dans un contexte d’endémie palustre devrait être bien intégrée dans les programmes de santé afin de prévenir et traiter le paludisme de même que d’autres maladies infectieuses.

Commentaires des éditeurs de NNA *

La conférence de Lyon était uniquement axée sur les effets secondaires de l’administration du fer dans les régions d’endémie palustre, incluant la plupart des pays d'Afrique subsaharienne. Il est aussi établi que dans les régions où le paludisme n’est pas endémique que la supplémentation en fer des enfants non carencés en fer pourraient accroître le risque d'infections et limiter leur croissance (3, 4). Ainsi, les risques éventuels de même que les avantages de la supplémentation martiale doivent être examinés par rapport au statut en fer sous-jacent dans toutes les situations, et pas seulement dans les régions d’endémie palustre. En outre, il est important de noter que les effets négatifs de l’administration du fer détectés dans le cadre de l’étude menée au Zanzibar semblent être spécifiques au statut en fer, et pas directement liés à l'anémie. Ainsi, la concentration d'hémoglobine ne doit pas être utilisée comme un indicateur pour évaluer le statut en fer, qui doit aider à la prise de décisions sur l'administration des suppléments de fer. Au contraire, le statut en fer devrait être mesuré directement, en utilisant des indicateurs comme la ferritine sérique ou la protoporphyrine érythrocytaire.

* Notez que les commentaires ont été ajoutés par l'équipe éditoriale et ne font pas partie de l’article publiée.

References

1. Sazawal S, Black RE, Ramsan M, et al. Effects of routine prophylactic supplementation with iron and folic acid on admission to hospital and mortality in preschool children in a high malaria transmission setting: community-based, randomized, placebo-controlled trial. Lancet 2006;367:133-43.

2. Tielsch JM, Khatry SK, Stoltzfus RJ, et al. Effect of routine prophylactic supplementation with iron and folic acid on preschool child mortality in southern Nepal: community-based, cluster-randomised, placebo-controlled trial. Lancet 2006;367:144-52.

3. Dewey KG, Domellöf M, Cohen RJ, Landa Rivera L, Hernell O, Lönnerdal B. Iron supplementation affects growth and morbidity of breast-fed infants: results of a randomized trial in Sweden and Honduras. J Nutr 2002;132:3249-55.

4. Mitra AK, Akramuzzaman SM, Fuchs GJ, Rahman MM, Mahalanabis D. Long-term oral supplementation with iron is not harmful for young children in a poor community of Bangladesh. J Nutr 1997;127:1451-5.

You can find the summarized article and more detailed information on the Internet by opening the following link: www.foodandnutritionbulletin.org (Search FNB Archives for: Vol 28, No 4 (2007) Supplement 1. If you are not already registered, register first for free.)